Transmuter sa peur de l'abandon

J’accepte la peur de l’abandon

D’aussi loin que je me souvienne, il existait en moi des tensions, des maux physiques et psychologiques que je n’arrivais pas à exprimer : la peur de partir en vacances, la peur des autres et du monde, la peur du changement, le sentiment de vide lorsque je ne travaillais pas, alors même que j’étais entouré par les autres… Bref, la peur d’exister et de vivre tout simplement.

Je sentais bien que quelque chose n’allait pas dans ma vie mais j’avais décidé d’en rester là et d’accepter les schémas de vie que je répétais depuis toujours sans pouvoir m’y soustraire. Mais comme pour me faire comprendre que je n’avais pas encore accepté quelque chose de fondamental, mon corps, notre véritable allié et ami, a commencé à me faire souffrir de plus en plus.

Des années de thérapie comportementale m’ont proposé de merveilleux diagnostics , pour un même constat : je manquais d’amour pour moi. Bien que mon mental ait compris de nombreux dis-fonctionnements au fond de moi, un enfant mais aussi l’adulte que je suis devenu continuent à être effrayés.

« Devenus adultes, nous avons tendance à reproduire le monde émotionnel de notre enfance » Louise Hay

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Découvrir le sentiment d’abandon :

Récemment un nouvel et bel amour est arrivé dans ma vie, qui s’est révélé miroir. Il me renvoyait l’image de mon père refusant mon amour. Pour la première fois je ne voulais plus faire semblant et cacher ma blessure à mon compagnon et à moi-même. Cette peur terrible de l’abandon que j’avais en moi depuis toujours, il était devenu temps que je l’accepte pour en guérir.

Durant toute mon enfance et ma pré-adolescence mon père m’avait régulièrement rabaissé, traité d’imbécile, de raté. Victime de sévices psychologiques incessants je m’étais convaincu être sans valeur, limité voire inutile. Moi qui éprouvais une furieuse envie de vivre je ressentais que mon père m’invitait à disparaître. De son côté ma mère s’était positionnée comme une victime de sa vie. Elle m’avait demandé sans cesse de l’aide et de prendre position face à mon père. J’ai des souvenirs terrifiants de portes qui claquent, de hurlements dans la nuit, d’une mère qui m’appelle à l’aide alors que je n’avais que 6 ou 7 ans.

Et moi j’étais là, enfant effrayé alors que je voulais être désiré. Si effrayé que je n’arrivais même plus à crier le soir dans mon lit lorsque mes émotions voulaient sortir, que ma bouche s’ouvrait et qu’aucun son ne sortait.  Crier?… Mais pour qui?… Personne ne pouvait m’entendre. Paralysé d’effroi, je me sentais terriblement seul, dans un monde sans amour. C’est à ce moment-là que j’ai bloqué toutes mes émotions en moi.

« Nous sommes tous victimes de victimes; nos parents ne pouvaient nous enseigner ce qu’ils ignoraient. » Louise Hay

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Donc depuis ma petite enfance, sans en avoir conscience, je ressentais un manque d’affection doublé d’un sentiment de me sentir rejeté, mis de côté tout en occultant une profonde colère que je ne pouvais exprimer. En effet, comme je me sentais déjà rejeté en étant le « gentil garçon » qui se modelait sur les autres pour être aimé, il était impossible pour moi, habité par la peur d’être encore moins admis, moins accepté par mes parents, de dévoiler ma colère, ma déception ou mon mécontentement.

Donc, avec le temps, je m’étais coupé de quatre choses primordiales à la vie:

  • toutes mes émotions, C’est en regardant le film d’animation « Vice Versa » que
    j’ai découvert que je ne ressentais plus mes émotions.
  • l’instant présent, pour me précipiter dans le futur avec ses peurs et ses angoisses. ou dans le passé avec son lot de culpabilité et de regrets.
  • mon intuition, pour me comparer aux autres avec le jugement que cela implique.
  • mes désirs, et de savoir ce qui est bien ou pas pour moi et de ressentir mes désirs ou mes non-désirs.

J’avais oublié qui j’étais pour juste être aimé par « l’autre » pour que « l’autre » me fasse un tout petit peu de place dans sa vie. Même si cette place ne me convenait absolument pas et qu’elle me rendait malade.

Avec le recul sur les causes de mon sentiment d’abandon et au regard de mon histoire familiale , je pense même avoir réellement ressenti ce sentiment d’abandon alors que je n’étais encore qu’un fœtus. Les études ont d’ailleurs démontré que le fœtus de six mois est déjà un être qui a des émotions et une mémoire, que sa conscience est développée. Ainsi à 6 mois un bébé dans le ventre de sa mère est « équipé » pour ressentir l’amour ou le manque d’amour de ses parents. Le fœtus réagit au stress de sa mère qu’elle en soit consciente ou non.

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« Un abandon peut être ressenti comme tel sans qu’il y ait eu de réel abandon. Cela signifie qu’il n’est pas nécessaire d’avoir été éloigné physiquement de ses parents pour ressentir de l’abandon. L’enfant a besoin non seulement du soutien affectif de ses parents, mais également de leur soutien sur le plan psychologique car leur amour est indispensable. Tout événement le privant à plus ou moins long terme ou de façon plus ou moins importante de ces deux éléments conduit l’enfant à se dévaloriser. Même un enfant qui ne fait pas l’objet de violences physiques ou sexuelles, s’il est régulièrement rabaissé, va finir pas penser que ses parents ont raison de le rejeter et de l’exclure. »

Extraits de « La blessure de l’abandon » du Dr Daniel Dufour

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Comme toute personne qui souffre de ces maux il me faut encore aujourd’hui beaucoup de temps pour prendre la pleine mesure des conséquences importantes que le sentiment d’abandon a encore dans ma vie tant sociale qu’affective. En reconnaissant l’abandon que j’ai subi et le traumatisme extrême qu’il a engendré dans ma vie, en reconnaissant les émotions liées à la violence de cet abandon, en m’accordant le droit d’avoir des émotions et de les exprimer, alors je me permets de me reconnecter à qui je suis, à l’être merveilleux que je suis

Dans ma nouvelle approche de mon sentiment d’abandon je me pose régulièrement la question suivante : « Qu’est-ce que mon corps essaye de me dire ? » Je prends le temps de me poser et de ressentir les messages de mon corps. Si je suis en tension c’est que deux parties chez moi s’opposent, que je ne suis plus dans l’instant présent et que j’ai laissé mon mental prendre le dessus, mon mental passé maître dans les manœuvres d’évitement qui me causent de la souffrance. Décoder les messages de mon corps et les émotions qui en découlent me permettent de voir la vérité telle qu’elle est. Puis j’utilise la méthode Ho’oponopono pour lâcher-prise afin de transmuter cette peur en amour.

« Pourquoi se remettre au moment présent pour retrouver une émotion de colère ou de tristesse liée à un événement passé ? Cela peut en effet paraître inutile. En réalité, si l’événement appartient à notre passé récent ou lointain, l’émotion qui n’a pas été vécue en son temps, elle, est toujours bien  vivante en nous, intacte et entière. Et elle l’est au présent puisque le seul moment dans lequel nous vivons est l’ici et maintenant. Il nous faut donc nous situer nous-mêmes au présent pour la retrouver, la ressentir et l’exprimer, ce qui implique de faire taire notre mental »

Extrait de « La blessure de l’abandon » du Dr Daniel Dufour

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Revenir à l’instant présent c’est reprendre contact avec nous-même et donc avec nos émotions.

La méditation, la relaxation même courte, m’aident à revenir à cet instant présent. Petit à petit  mon manque de confiance en moi disparaît et, avec persévérance et constance, ces moments de présence deviennent de plus en plus longs. Et c’est ainsi que je me rends compte que mes peurs, mon sentiment de culpabilité, mes jugements dévalorisants ne sont que des inventions de mon mental. Progressivement je prends conscience et je note sur un cahier les qualités qui font de moi un être de valeur, quelqu’un d’unique. Et même si ces schémas m’ont aidé dans mon enfance, ils m’empêchent maintenant de vivre. Alors dès qu’ils reviennent pour me dire « tout cela c’est bien beau mais … » je les remercie de leur présence et je reviens à ce moment présent.

Tout ce qui est écrit ici, je l’ai découvert petit à petit dans ma vie. Et j’ai réussit à identifier cette peur avec l’aide des enseignements de Louise Hay. Et j’ai transmuter cette peur avec Ho’oponopono. C’est un cheminement long soutenu par une thérapie comportementale et beaucoup de courage pour me permettre de reconnaître ce sentiment d’abandon et pour apprendre à vivre avec.

Avec mon amour,
Nicolas

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